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L’enseignement de sciences numériques et technologie en classe de seconde a pour objet de permettre
d’appréhender les principaux concepts des sciences numériques, mais également de permettre aux
élèves, à partir d’un objet technologique, de comprendre le poids croissant du numérique et les enjeux
qui en découlent. La numérisation généralisée des données, les nouvelles modalités de traitement ou de
stockage et le développement récent d’algorithmes permettant de traiter de très grands volumes de
données numériques constituent une réelle rupture dans la diffusion des technologies de l’information
et de la communication. Cette révolution multiplie les impacts majeurs sur les pratiques humaines.
Par exemple, l’actuel mobile multifonction est un objet technologique qui permet, comme le téléphone
du XX e siècle, de téléphoner, mais qui sert également à bien d’autres activités : envoyer des messages,
photographier, filmer, enregistrer, chercher et partager une information, écouter de la musique,
regarder des vidéos, repérer où l’on se trouve, réserver des billets de train, vérifier son rythme
cardiaque, programmer le chauffage de son appartement, etc. Ainsi, il est devenu une interface
universelle d’accès à l’information et de commande d’autres objets.
Cette convergence d’activités encore récemment indépendantes est un phénomène généralisé lié au
développement de la science informatique et des technologies associées, et notamment à leur
intégration avec le domaine des télécommunications, à l’informatisation massive de domaines variés
(communication, audiovisuel, transports, instrumentation scientifique médicale et technique, outillage
numérique, objets connectés, etc.), et bien sûr à la création du réseau internet.
Malgré leur grande variété, ces avancées se fondent toutes sur l’universalité et la flexibilité d’un petit
nombre de concepts en interaction :
les données, qui représentent sous une forme numérique unifiée des informations très
diverses : textes, images, sons, mesures physiques, sommes d’argent, etc. ;
les algorithmes, qui spécifient de façon abstraite et précise des traitements à effectuer sur les
données à partir d’opérations élémentaires ;
les langages, qui permettent de traduire les algorithmes abstraits en programmes textuels ou
graphiques de façon à ce qu’ils soient exécutables par les machines ;
les machines, et leurs systèmes d’exploitation, qui permettent d’exécuter des programmes en
enchaînant un grand nombre d’instructions simples, assurent la persistance des données par
leur stockage et de gérer les communications. On y inclut les objets connectés et les réseaux.
À ces concepts s’ajoute un élément transversal : les interfaces qui permettent la communication avec les
humains, la collecte des données et la commande des systèmes.
L’enseignement de sciences numériques et technologie aide à mieux comprendre les enjeux
scientifiques et sociétaux de la science informatique et de ses applications, à adopter un usage réfléchi et raisonné des technologies numériques dans la vie quotidienne et à se préparer aux mutations
présentes et à venir de tous les métiers.
La réflexion sur les sciences numériques et sur leur relation à la technologie peut être conduite dans le
cadre d’autres enseignements, que ce soit au travers de l’étude d’œuvres littéraires ou artistiques, de la
réflexion sur les enjeux éthiques et politiques, d’analyses des conséquences de la révolution numérique
sur l’évolution des métiers. Ces perspectives incitent le professeur en charge de l’enseignement de
sciences numériques et technologie à collaborer avec ses collègues.
Cet enseignement s’inscrit dans le prolongement de l’enseignement d’algorithmique, d’informatique et
de programmation dispensé au collège en mathématiques et en technologie. On approfondit ces
notions et cette pratique de la programmation à travers les activités liées aux thèmes du programme :
internet ; le Web ; les réseaux sociaux ; les données structurées et leur traitement ; localisation,
cartographie et mobilité ; informatique embarquée et objets connectés ; la photographie numérique.
Chacun des thèmes a vocation à être enseigné sur une durée d’environ quatre semaines. L’ordre dans
lequel sont traités les thèmes est au libre choix des professeurs.
La présentation de chaque thème débute par des éléments de culture scientifique et technologique qui
peuvent proposer des repères historiques, expliciter les concepts et décrire les impacts sur les pratiques
humaines des technologies présentées. Elle se termine par un tableau qui circonscrit précisément les
connaissances et les capacités attendues des élèves, puis d’une liste, non exhaustive ni impérative,
d’activités qui peuvent être menées avec les élèves.
Cet enseignement a vocation à multiplier les occasions de mise en activité des élèves, sous des formes
variées (exposés, travaux en groupe, mini-projets, productions individuelles ou collectives, etc.) qui
permettent de développer des compétences transversales :
débat ;
ressources ;
Un langage de programmation est nécessaire pour l’écriture des programmes : un langage simple
d’usage, interprété, concis, libre et gratuit, multiplateforme, largement répandu, riche de bibliothèques
adaptées aux thématiques étudiées et bénéficiant d’une vaste communauté d’auteurs dans le monde
éducatif est nécessaire. Au moment de la conception de ce programme, le langage choisi est Python
version 3 (ou supérieure).
| Contenus | Capacités attendues |
|---|---|
| Affectations, variables Séquences Instructions conditionnelles Boucles bornées et non bornées Définitions et appels de fonctions | Écrire, exécuter et mettre au point un programme. |
| Exemples d’activités | |
| Illustrer ces notions par des activités liées aux différents thèmes du programme. | |
Au collège (cycle 4), les élèves ont découvert et pratiqué les éléments fondamentaux d’algorithmique et
de programmation. Le programme de seconde de mathématiques approfondit l’apprentissage de la
programmation. Une coordination avec le cours de mathématiques est donc nécessaire pour déterminer
à quel moment des éléments de programmation peuvent être utilisés en sciences numériques et
technologie.
Grâce à sa souplesse et à son universalité, internet est devenu le moyen de communication principal entre les hommes et avec les machines.
Dès les années cinquante, les ordinateurs ont été mis en réseau pour échanger des informations, mais de façon très liée aux constructeurs d’ordinateurs ou aux opérateurs téléphoniques. Les réseaux généraux indépendants des constructeurs sont nés aux États-Unis avec ArpaNet (1970) et en France avec Cyclades (1971). Cet effort a culminé avec internet, né en 1983.
Internet est défini par le protocole IP (Internet Protocol), ensemble de normes qui permettent d’identifier et de nommer de façon uniforme tous les ordinateurs ou objets qui lui sont connectés. IP est accompagné de protocoles de transmission pour transférer l’information par paquets, le principal étant TCP/IP (Transmission Control Protocol). De nature logicielle, internet s’appuie sur une grande variété de réseaux physiques où IP est implémenté. Il uniformise l’accès à tous les ordinateurs, les téléphones et les objets connectés.
Internet manipule deux types d’information : les contenus envoyés et les adresses du destinataire et de l’émetteur. Ces deux types d’information sont regroupés dans des paquets de taille fixe, de façon uniforme et indépendante du type de données transportées : texte, images, sons, vidéos, etc. Les adresses sont numériques et hiérarchiques mais l’utilisateur connaît surtout des adresses symboliques normalisées, comme wikipedia.fr. Le système DNS (Domain Name System) transforme une adresse symbolique en adresse numérique. Il est réalisé par un grand nombre d’ordinateurs répartis sur le réseau et constamment mis à jour.
Le principal algorithme d’internet est le routage des paquets de leurs émetteurs vers leurs destinataires.
Il est effectué par des machines appelées routeurs, qui échangent en permanence avec leurs voisins
pour établir une carte locale de ce qu’ils voient du réseau. Chaque paquet transite par une série de
routeurs, chacun l’envoyant à un autre routeur selon sa carte locale et la destination prévue. Les
routeurs s’ajustent en permanence et de proche en proche quand on les ajoute au réseau ou quand un
routeur voisin disparaît. Il n’y a plus besoin de carte globale, ce qui permet le routage à grande échelle.
Lors du routage, un paquet peut ne pas arriver pour deux raisons : une panne matérielle d’une ligne ou
d’un routeur, ou sa destruction. Chaque paquet contient l’information d’un nombre maximal de
routeurs à traverser : pour ne pas encombrer le réseau, il est détruit si ce nombre est atteint. C’est le
protocole TCP qui fiabilise la communication en redemandant les paquets manquants. Il garantit que out paquet finira par arriver, sauf panne matérielle incontournable. TCP réordonne aussi les paquets
arrivés dans le désordre, et diminue la congestion du réseau en gérant au mieux les redemandes. Mais
ni internet ni TCP ne possèdent de garantie temporelle d’arrivée des paquets, ce qui nuit à la qualité du
streaming du son ou des vidéos et de la téléconférence. En effet, dans une vidéo on peut perdre une
image isolée, mais pas le fil du temps.
D’autres protocoles s’appuient sur ceux d’internet, par exemple les protocoles du Web (HTTP et HTTPS)
et le protocole NTP (Network Time Protocol) qui permet de synchroniser finement les heures des
ordinateurs et objets connectés.
Réseau mondial, internet fonctionne à l’aide de routeurs, de lignes de transmissions à très hauts débits
(fibres optiques) entre routeurs, de réseaux de téléphonie mobile, et de réseaux locaux. Ses protocoles
étant logiciels, il peut s’appuyer sur n’importe quel réseau physique qui les implémente : 4G, Ethernet,
ADSL, Wi-Fi, Bluetooth, etc. TCP/IP n’est pas implémenté dans l’infrastructure, mais dans chacun des
ordinateurs connectés, et un serveur DNS est aussi un ordinateur connecté. Des mécanismes complexes
assurent la continuité de la connexion, par exemple pour passer sans interruption de téléphonie 4G au
Wi-Fi, ou son ubiquité, par exemple pour passer de façon invisible d’antenne à antenne avec un
téléphone portable quand on voyage.
Dans les réseaux pair-à-pair s’appuyant sur internet et souvent utilisé pour le transport de vidéos,
chaque ordinateur sert à la fois d’émetteur et de récepteur.
Internet a fait progressivement disparaître beaucoup des moyens de communication précédents :
télégramme, télex, le courrier postal pour une bonne partie, et bientôt le téléphone fixe grâce à VoIP
(voix sur IP). Son trafic prévu pour 2021 est de 3 300 milliards de milliards d’octets (3,3 × 10 21 octets).
Internet a aussi ses problèmes : absence de garantie temporelle sur l’arrivée des paquets, et possibilité
d’attaques par saturation en envoyant un très grand nombre de messages à un site donné, pour y
provoquer un déni de service.
La neutralité du Net, présente dès l’origine du réseau, exprime l’idée que les routeurs doivent
transmettre les paquets indépendamment du type de leur contenu : texte, vidéo, etc. Mais elle est
constamment remise en cause par certains lobbies industriels.
| Contenus | Capacités attendues |
|---|---|
| Protocole TCP/IP : paquets,routage des paquets | Distinguer le rôle des protocoles IP et TCP. Caractériser les principes du routage et ses limites. Distinguer la fiabilité de transmission et l’absence de garantie temporelle. |
| Adresse symbolique et serveur DNS. | Sur des exemples réels, retrouver une adresse IP à partir d’une adresse symbolique et inversement. |
| Réseaux pair-à-pair | Décrire l’intérêt des réseaux pair-à-pair ainsi que les usages illicites qu’on peut en faire. |
| Indépendance d’internet par rapport au réseau physique | Caractériser quelques types de réseaux physiques : obsolètes ou actuels, rapides ou lents, filaires ou non. Caractériser l’ordre de grandeur du trafic de données sur internet et son évolution. |
| Exemples d’activités | |
logiciels dédiés, en tenant compte de la destruction de paquets.
* Déterminer l’adresse IP d’un équipement et l’adresse du DNS sur un réseau.
* Analyser son réseau local pour observer ce qui y est connecté.
* Suivre le chemin d’un courriel en utilisant une commande du protocole IP.
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